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A Annemasse, l’argent suisse creuse les inégalités

La ville frontalière de Haute-Savoie est l’une des communes où les écarts de richesse sont les plus importants, d’après le rapport de l’Observatoire des inégalités, publié mercredi.

Mohamed, 20 ans, a grandi et habite le Perrier, le quartier le plus pauvre d’Annemasse, en Haute-Savoie. Il a récemment investi une bonne part de sa première paye de boulanger, 5 000 francs suisses (4 559 euros), dans un puissant scooter : « Ben oui, c’est la Suisse ! », fait-il, souriant. Annemasse, ville frontalière blottie contre les reliefs qui dominent le lac Léman, vit largement à l’heure helvétique. Genève, avec ses salaires mirobolants, aimante la majeure partie de ses actifs, qui drainent en rentrant chez eux le soir venu un peu de sa richesse.


Cette ville illustre un phénomène souligné par le dernier rapport de l’Observatoire des inégalités, publié mercredi 2 juin. Dans certaines communes françaises, les écarts de revenus et de patrimoine sont particulièrement criants.


Cet organisme indépendant propose cette année un classement des « vingt villes les plus inégalitaires de France », où « il existe deux formes d’inégalités territoriales : par le haut, comme Paris et les Hauts-de-Seine, parce que les riches y sont très riches et les pauvres n’ont pas les moyens d’y habiter, ou par le bas, comme la Seine-Saint-Denis et les départements d’outre-mer, parce que les pauvres y sont particulièrement pauvres », détaillent les auteurs, Anne Brunner et Louis Maurin.


Pas de clinquant ni de bling-bling

En tête du palmarès, Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) est la plus emblématique et la plus attendue : les 10 % les plus riches gagnent au moins 120 000 euros par an, et les 10 % les plus pauvres au mieux 15 000 euros, soit huit fois moins, le différentiel moyen étant de 3,4 dans la France entière. Derrière Neuilly, Paris et Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), arrive Annemasse (Haute-Savoie) avec 39 000 habitants, en quatrième position : ses 10 % de ménages les plus pauvres gagnent moins de 800 euros par mois (à peine 10 000 euros par an), alors que les 10 % les plus riches gagnent 5,3 fois plus, soit en moyenne 4 200 euros par mois (50 400 euros par an).


Article rédigé par Isabelle Rey-Lefebvre

Source: lemonde.fr

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