Web Frontalier

Assurance emprunteur : son mari décède, la banque refuse de rembourser le crédit

La rédaction Web Frontalier4 sept. 20265 min de lecture

Cas réel d'un frontalier : après son décès, l'assurance emprunteur refuse de solder le crédit immobilier. Voici pourquoi, et comment éviter ce piège.

Web Frontalier
Assurance emprunteur

Vérifiez en 2 minutes si votre contrat est à jour et au bon prix, et estimez votre économie sur votre assurance de prêt.

Bon à savoir

Cas réel anonymisé

Cette étude de cas est issue d'une situation réelle rencontrée dans la communauté frontalière. Les prénoms et certains détails ont été modifiés. Elle ne constitue pas un conseil individualisé : chaque situation doit être analysée au cas par cas.

Le cas : un décès, et un crédit qui reste dû

Il y a quelques semaines, nous avons été contactés par Sophie, dont le mari, frontalier depuis plus de dix ans, est décédé brutalement.

Le couple avait souscrit ensemble un crédit immobilier pour l'achat de leur maison en France, à quelques kilomètres de la frontière. Comme la grande majorité des emprunteurs, ils avaient accepté l'assurance emprunteur proposée par leur banque au moment de la signature. Ce contrat prévoyait, en cas de décès de l'un des deux, le remboursement de la part du crédit assurée sur sa tête.

Sur le papier, Sophie n'aurait donc pas dû s'inquiéter du crédit. Dans les faits, l'assureur, l'un des plus grands assureurs bancaires du marché, a refusé de rembourser le capital restant dû.

Sophie s'est retrouvée seule, en plein deuil, avec l'intégralité des mensualités à assumer.

Pourquoi l'assurance a refusé de payer

La raison invoquée par l'assureur tient en une phrase : entre la souscription du contrat et son décès, le mari de Sophie avait changé plusieurs fois de métier, sans jamais en informer son assureur.

Or un contrat d'assurance emprunteur est établi sur la base de votre situation au moment de la souscription : votre profession, votre état de santé, vos habitudes de vie. Si cette situation évolue et que le risque change, le contrat prévoit généralement que vous devez le déclarer. À défaut, l'assureur peut réduire son indemnisation, voire refuser la prise en charge.

C'est exactement ce qui s'est produit ici. Un contrat signé des années plus tôt, jamais relu, jamais mis à jour, et qui au moment décisif n'a pas joué son rôle.

Ce type de refus est loin d'être un cas isolé. La plupart des emprunteurs signent leur assurance le jour de l'offre de prêt, la rangent dans un tiroir et n'y pensent plus jamais. Un refus reste néanmoins contestable : l'assureur doit démontrer que la non-déclaration était de nature à changer réellement le risque.

Frontaliers : vous êtes particulièrement exposés

Si ce risque concerne tous les emprunteurs, les frontaliers cumulent plusieurs facteurs qui les exposent davantage.

D'abord, la mobilité professionnelle. Le marché du travail suisse est dynamique : changer d'employeur, de fonction ou de secteur tous les trois ou quatre ans y est courant. Chacun de ces changements peut modifier votre profil de risque aux yeux de l'assureur, surtout si vous passez d'un poste de bureau à un métier plus physique, ou inversement.

Ensuite, les montants en jeu. Les frontaliers empruntent souvent des sommes importantes, portées par leurs revenus en francs suisses. Plus le capital est élevé, plus les conséquences d'un refus de prise en charge sont lourdes pour la famille.

Enfin, l'ancienneté des contrats. Beaucoup de frontaliers ont souscrit leur assurance auprès de leur banque il y a cinq, dix ou quinze ans, et ne l'ont jamais revue depuis.

Attention

Les changements à signaler à votre assureur

  • Changement de métier, de fonction ou de secteur d'activité
  • Passage d'un statut salarié à indépendant, ou l'inverse
  • Début ou arrêt du tabac
  • Pratique d'un nouveau sport à risque
  • Déplacements professionnels fréquents ou expatriation partielle

En cas de doute, relisez les conditions générales de votre contrat : la liste exacte des changements à déclarer y figure.

Et si votre situation a changé, vous pouvez refaire une simulation sur la base de vos conditions actuelles : le nouveau contrat est souvent moins cher.

La bonne nouvelle : vous pouvez changer d'assurance à tout moment

Depuis la loi Lemoine, applicable à tous les contrats en cours depuis le 1er septembre 2022, vous pouvez résilier votre assurance emprunteur à tout moment, sans frais et sans attendre une date anniversaire. La seule condition : que le nouveau contrat offre des garanties au moins équivalentes à celles exigées par votre banque.

C'est une double opportunité.

La première est financière : l'assurance proposée par la banque est rarement la plus compétitive. En passant par une assurance individuelle adaptée à votre profil, l'économie se chiffre souvent en dizaines d'euros par mois, soit une économie moyenne estimée entre 5 000 et 15 000 euros sur la durée du prêt.

La seconde est plus importante encore : changer d'assurance, c'est repartir sur un contrat établi sur votre situation actuelle et réelle. Votre métier d'aujourd'hui, votre statut d'aujourd'hui, votre vie d'aujourd'hui. C'est la garantie que le jour où votre famille en aura besoin, le contrat jouera pleinement son rôle. Nous détaillons ce sujet dans notre page dédiée à l'assurance emprunteur du frontalier.

L'histoire de Sophie aurait pu se terminer différemment si ce contrat avait simplement été remis à jour.

Votre assurance emprunteur est-elle à jour et au bon prix ?

Estimez en quelques clics l'économie réalisable sur votre assurance de prêt et vérifiez si votre contrat correspond encore à votre situation.

À retenir

  • L'assurance emprunteur peut refuser sa prise en charge si un changement de situation (métier, tabac, sport) n'a pas été déclaré, quand le contrat l'imposait.
  • Les frontaliers sont plus exposés : mobilité professionnelle, montants empruntés élevés et contrats anciens jamais relus.
  • La loi Lemoine permet de changer d'assurance à tout moment, sans frais, à garanties équivalentes.
  • Un contrat à jour, c'est l'assurance qu'il jouera son rôle le jour venu, souvent pour moins cher.

Questions fréquentes

L'assurance emprunteur peut-elle refuser de rembourser en cas de décès ?

Oui, dans certains cas, notamment si un changement de situation aggravant le risque (métier, tabac, sport) n'a pas été déclaré à l'assureur alors que le contrat l'imposait. Un tel refus doit toutefois être justifié et peut être contesté, d'où l'importance de tenir son contrat à jour.

Un frontalier peut-il changer d'assurance emprunteur ?

Oui. Depuis la loi Lemoine (2022), tout emprunteur, frontalier compris, peut résilier et changer son assurance de prêt à tout moment, sans frais, à condition que les garanties du nouveau contrat soient au moins équivalentes à celles exigées par la banque.

Faut-il déclarer un changement de métier à son assurance de prêt ?

Cela dépend de votre contrat. Beaucoup d'assurances imposent de déclarer les changements susceptibles de modifier le risque, comme la profession, le tabac ou un sport à risque. Relisez vos conditions générales : en cas de doute, souscrire un nouveau contrat fondé sur votre situation actuelle lève l'ambiguïté.

Changer d'assurance emprunteur permet-il vraiment d'économiser ?

Souvent, oui. L'assurance groupe de la banque est rarement la moins chère. Une assurance individuelle adaptée à votre profil peut réduire la cotisation : selon la députée à l'origine de la loi Lemoine, l'économie moyenne se situe entre 5 000 et 15 000 euros sur la durée du prêt.

Bon à savoir

Information générale

Cet article a une vocation d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique ou assurantiel individualisé. Les règles de déclaration et de prise en charge dépendent de chaque contrat. Pour votre situation, rapprochez-vous de votre assureur ou d'un professionnel.

Sources

  • Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (loi Lemoine) : résiliation de l'assurance emprunteur à tout moment et principe d'équivalence des garanties ; économie moyenne estimée entre 5 000 et 15 000 euros sur la durée du prêt.
  • Code des assurances, articles L. 113-2 et suivants : obligation de déclaration des changements de risque en cours de contrat.

Envie d'aller plus loin ?

Revenez à l'espace actualités, ou estimez votre situation avec nos simulateurs gratuits.