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Épargne oubliée : les 17 % du budget 2027 visent-ils votre Livret A ?

La rédaction Web Frontalier12 oct. 20268 min de lecture

Le budget 2027 prévoit un prélèvement de 17 % sur l'épargne en déshérence. Livret A et assurance-vie actifs ne sont pas visés, mais l'épisode rappelle une règle : une épargne se suit, se fait travailler et se transmet.

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Budget 2027 : pourquoi l'épargne oubliée revient dans le débat

Un Livret A ouvert pendant l'enfance, un ancien compte bancaire jamais clôturé ou une assurance-vie dont les bénéficiaires ignorent l'existence : ces situations ont un point commun. Après les délais prévus par la loi, les sommes non réclamées sont transférées à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Elles ne disparaissent pas, mais leurs titulaires ou ayants droit doivent entreprendre des démarches pour les récupérer. Fin 2025, cet argent dormant représentait environ 8 milliards d'euros.

Le projet de loi de finances pour 2027 propose, à son article 23, un prélèvement exceptionnel de 17 % sur ces avoirs en déshérence déposés à la CDC, calculés sur le solde au 31 décembre 2026. Le gouvernement en attend 1,4 milliard d'euros en 2027. Au 12 octobre 2026, il s'agit d'une proposition en cours d'examen au Parlement, pas d'un prélèvement adopté.

Précision essentielle : le texte prévoit que les personnes qui réclament leur argent reçoivent l'intégralité des sommes et des intérêts, sans déduction des 17 %. L'État rembourserait alors à la CDC la part prélevée. Ce dispositif n'est donc pas une taxe sur les Livrets A ou les assurances-vie en activité.

L'actualité pose néanmoins une question utile : avoir de l'épargne suffit-il, ou faut-il aussi s'assurer qu'elle reste adaptée, suivie et transmissible ?

Livret A : capital garanti ne signifie pas pouvoir d'achat garanti

Le Livret A possède des atouts réels. Son capital est garanti par l'État, les retraits sont disponibles à tout moment, et les intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Il reste la solution de référence pour une réserve destinée aux dépenses imprévues.

Mais il faut distinguer sécurité du capital nominal et préservation du pouvoir d'achat. Depuis le 1er août 2026, le taux du Livret A est de 1,7 %, relevé de 1,5 %. Si les prix augmentent plus vite que le rendement net de votre épargne, vous possédez davantage d'euros à la fin de l'année, mais ces euros achètent moins.

Une illustration, pas une prévision : 20 000 € placés pendant un an à 1,7 % produisent environ 340 € d'intérêts, soit 20 340 €. Si, sur la même période, les prix augmentent de 2,1 %, l'inflation que le gouvernement retient pour 2026, il faudrait 20 420 € pour conserver le même pouvoir d'achat. L'écart est modeste, environ 80 €, mais il se répète chaque année, et il se creuse dès que l'inflation dépasse le taux du livret. Le calcul suppose un taux constant et ne reproduit pas les règles de calcul par quinzaine.

Le véritable risque n'est donc pas que l'État retire 17 % d'un Livret A actif. C'est de laisser une épargne de long terme sur un support dont le rendement peut rester sous l'inflation, sans jamais réévaluer sa stratégie. Nous avons chiffré ce coût sur dix ans dans Livret A ou assurance-vie : ce que votre épargne vous coûte vraiment.

Bon à savoir

Une garantie ne couvre pas tous les risques

Le Livret A protège le capital en euros et offre une forte disponibilité. Il ne garantit ni un rendement supérieur à l'inflation, ni la préservation du pouvoir d'achat sur plusieurs années. Cela n'en fait pas un mauvais produit : il répond à un besoin précis, l'épargne de précaution.

Assurance-vie : investir, diversifier et préparer la transmission

L'assurance-vie n'est pas un compte rémunéré de plus. C'est une enveloppe qui peut combiner plusieurs supports, avec des objectifs différents : constituer un capital, financer un projet, préparer sa retraite ou organiser la transmission à des bénéficiaires désignés.

Les fonds en euros proposent une garantie du capital assurée contractuellement par l'assureur, dans les limites et conditions du contrat. Les unités de compte, investies par exemple en actions, en obligations ou en immobilier, offrent un potentiel de rendement différent, mais leur valeur n'est pas garantie. Une assurance-vie multisupport n'est donc pas automatiquement plus sûre, ni plus rentable, qu'un Livret A.

Un exemple de logique, pas une recommandation. Une personne conserve 10 000 € sur son Livret A pour les urgences et envisage d'affecter 30 000 € dont elle n'a pas besoin à court terme à un projet patrimonial. Elle peut étudier une assurance-vie adaptée à sa durée d'investissement, en arbitrant entre supports prudents et supports plus exposés. Les frais de versement, de gestion et d'arbitrage, ainsi que la fiscalité des rachats, entrent dans la comparaison. Aucun rendement futur ne peut être promis.

L'autre particularité de l'assurance-vie est la clause bénéficiaire. Le souscripteur désigne les personnes qui recevront les capitaux à son décès, sous réserve des règles applicables. Cette clause doit être claire et actualisée quand la situation familiale change. Pour un frontalier, il faut aussi vérifier les conséquences fiscales et successorales liées au pays de résidence et à la situation des bénéficiaires : les règles françaises ne s'appliquent pas de la même manière à tous les contrats ni à toutes les familles.

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Un bon conseiller réduit les oublis, il ne les rend pas impossibles

La loi dite « Eckert », en vigueur depuis 2016, impose aux banques et aux assureurs de rechercher les titulaires et bénéficiaires des comptes inactifs et des contrats non réclamés, puis de transférer les sommes à la CDC. Le phénomène reste pourtant massif : en 2025, le service Ciclade de la Caisse des dépôts a restitué 164,4 millions d'euros, pour un montant moyen de 943 € par dossier, et environ 1,2 milliard d'euros depuis sa création en 2017.

L'accompagnement humain apporte une valeur supplémentaire, à condition d'être concret. Un conseiller attentif propose des points de suivi, vérifie les coordonnées du souscripteur, attire l'attention sur la rédaction de la clause bénéficiaire, revoit l'adéquation des supports au profil de risque et aide à documenter l'existence du contrat pour les proches.

Ce suivi ne dispense ni l'assureur de ses obligations légales, ni le titulaire de tenir ses informations à jour. Aucun conseiller ne peut garantir qu'une assurance-vie ne sera jamais oubliée ni qu'elle ne subira jamais de perte. Une relation de conseil suivie évite surtout qu'un placement reste des années sans examen, alors que les besoins et les circonstances ont changé.

Attention

Un contrat d'assurance-vie peut aussi tomber en déshérence

L'assurance-vie n'échappe pas au problème visé par le budget 2027 : les contrats non réclamés sont, eux aussi, transférés à la Caisse des dépôts. Le bon réflexe consiste à tenir ses informations à jour et à vérifier régulièrement ses bénéficiaires, pas à supposer que le choix du produit suffit.

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Faut-il privilégier le Livret A ou l'assurance-vie ?

Opposer les deux produits serait trompeur. Le Livret A est fait pour l'argent que vous pourriez devoir utiliser rapidement. L'assurance-vie complète cette réserve pour des objectifs plus lointains, avec une répartition et des modalités de transmission à définir selon votre situation.

Avant d'ouvrir un contrat, posez-vous quatre questions : quelle somme devez-vous garder immédiatement disponible ? Pendant combien d'années pouvez-vous immobiliser une partie de votre épargne ? Quelle baisse, temporaire ou définitive, êtes-vous capable de supporter ? À qui souhaitez-vous transmettre le capital en cas de décès ?

Pour un frontalier, cette réflexion tient aussi compte de l'épargne détenue en France ou en Suisse, des revenus en francs suisses, des besoins futurs en euros et de la résidence fiscale. Le choix du compte en France qui reçoit l'épargne, et les dispositifs déductibles comme le plan d'épargne retraite, font partie du même raisonnement.

Enfin, si vous soupçonnez l'existence d'un compte ou d'une assurance-vie oubliée, la recherche est gratuite sur Ciclade. Selon le produit et la date du décès, une démarche auprès de l'AGIRA ou de l'établissement d'origine peut être nécessaire.

À retenir

  • Le prélèvement exceptionnel de 17 % prévu au budget 2027 concerne les avoirs déjà en déshérence à la Caisse des dépôts, pas les Livrets A ni les assurances-vie en activité ; les sommes réclamées seraient restituées intégralement.
  • Le Livret A, à 1,7 % depuis août 2026, garantit le capital et la disponibilité, pas le pouvoir d'achat face à l'inflation.
  • L'assurance-vie répond à des objectifs d'investissement et de transmission, avec des frais et des risques qui dépendent des supports choisis.
  • Un suivi régulier, par vous-même ou avec un conseiller, actualise les choix et les bénéficiaires, sans supprimer les risques de perte ou d'oubli.

Questions fréquentes

L'État va-t-il prendre 17 % de mon Livret A en 2027 ?

Non. Le projet de budget 2027 vise uniquement les avoirs en déshérence déjà déposés à la Caisse des dépôts, pas les Livrets A actifs. Le texte prévoit une restitution intégrale des sommes réclamées, y compris la part prélevée, sous réserve de son adoption définitive.

Le Livret A est-il plus sûr que l'assurance-vie ?

Pour préserver le montant nominal d'une épargne disponible, le Livret A offre une garantie publique et une grande liquidité. Une assurance-vie investie en fonds en euros comporte une garantie contractuelle de l'assureur, selon les conditions du contrat, tandis que les unités de compte présentent un risque de perte en capital.

Une assurance-vie peut-elle être oubliée après un décès ?

Oui. Un contrat d'assurance-vie peut rester non réclamé si les bénéficiaires ne sont pas identifiés ou retrouvés. Une clause bénéficiaire précise, des coordonnées à jour et un suivi régulier limitent ce risque sans le supprimer.

Faut-il fermer son Livret A pour ouvrir une assurance-vie ?

Pas nécessairement. Le Livret A convient à l'épargne de précaution, tandis que l'assurance-vie peut servir des projets de plus long terme et la transmission. La répartition dépend de votre horizon, de vos besoins de liquidité, de votre fiscalité et de votre tolérance au risque.

Bon à savoir

Information générale

Cet article, réalisé avec Patrimoine Alliance, partenaire de Web Frontalier, a une vocation d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier individualisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et toute décision de placement doit tenir compte de votre situation, de votre horizon et de votre capacité à supporter des pertes. Le dispositif budgétaire décrit était à l'état de projet au 12 octobre 2026.

Sources

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