Les heures supplémentaires exonérées réduisent votre impôt, mais aussi votre cotisation STFS. Un double avantage que la plupart des frontaliers ignorent.

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Pourquoi vos heures supplémentaires valent plus que vous ne le pensez
Si vous travaillez en Suisse dans l'un des huit cantons de l'accord de 1983 (Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura, Berne, Soleure, Bâle-Ville et Bâle-Campagne), votre salaire est imposé en France. Et c'est précisément ce qui rend vos heures supplémentaires intéressantes.
Depuis peu, l'exonération fiscale des heures supplémentaires s'applique aussi aux revenus des frontaliers. Concrètement, les heures effectuées au-delà de votre durée de travail de référence sortent du calcul de votre impôt sur le revenu, dans la limite de 7 500 € par an et par personne.
Prenons un exemple simple. À 100 % dans le canton de Vaud, votre durée de référence tourne autour de 1 840 heures par an. Si vous en travaillez 1 900, les 60 heures au-delà ne sont pas imposées (l'exonération en heures est plafonnée, à 368 heures dans ce cas). Sur un salaire suisse, 60 heures majorées, ce n'est pas anecdotique : l'économie d'impôt se chiffre vite en centaines d'euros.
Vos heures supplémentaires
Le double effet : votre cotisation STFS baisse aussi
C'est là que ça devient vraiment intéressant, et c'est le point que presque personne ne connaît.
Votre cotisation d'assurance maladie STFS (ex-CNTFS) est calculée par l'URSSAF sur les revenus nets que vous déclarez chaque automne : 8 % de vos salaires et autres revenus, après un abattement de 25 % du plafond de la Sécurité sociale. Or vos heures supplémentaires exonérées n'apparaissent pas dans votre salaire net imposable. Elles sont donc absentes de la base de calcul.
Résultat : si vous gagnez 60 000 € dont 3 000 € d'heures supplémentaires exonérées, votre cotisation STFS se calcule sur 57 000 €, pas sur 60 000 €. À 8 %, ce sont 240 € de cotisation en moins chaque année, qui s'ajoutent à l'économie d'impôt.
Astuce
Deux fois gagnant
Les heures supplémentaires exonérées sortent à la fois du calcul de votre impôt et de la base de votre cotisation STFS. Une seule condition : les déclarer correctement, côté fisc comme côté URSSAF.
Calculez vos heures supplémentaires
Estimez en une minute le montant de vos heures supplémentaires exonérées et l'économie d'impôt, selon votre quotité de travail.
Et si vous n'êtes pas à 100 % ?
Le principe reste le même, tout se proratise. Vous ajustez simplement la durée de référence à votre taux d'activité.
À 80 %, la durée de référence devient 1 840 × 0,8, soit 1 472 heures. Toutes les heures travaillées au-delà de 1 472 heures ouvrent droit à l'exonération, avec un plafond en heures lui aussi proratisé (environ 294 heures). Le plafond fiscal de 7 500 €, lui, ne bouge pas : il vaut pour tout le monde, quel que soit le taux d'activité.
Comment en profiter concrètement
Trois réflexes suffisent :
- Vérifiez vos fiches de salaire et votre certificat annuel : vos heures supplémentaires doivent y apparaître distinctement, c'est votre justificatif.
- À la déclaration d'impôts, déclarez ces heures dans la case dédiée aux heures supplémentaires exonérées, séparément de votre salaire principal. Sans cette étape, l'exonération ne s'applique pas.
- À votre déclaration URSSAF d'octobre, reportez votre salaire net imposable, qui exclut déjà ces heures. La baisse de cotisation suit mécaniquement, avec le décalage habituel de deux ans (les revenus 2026 servent au calcul de la cotisation 2028).
À retenir
- Les heures supplémentaires sont exonérées d'impôt sur le revenu, dans la limite de 7 500 € par an et par personne.
- L'avantage concerne les frontaliers imposés en France, soit les huit cantons de l'accord de 1983.
- La cotisation STFS baisse aussi : elle se calcule sur votre salaire net imposable, qui exclut les heures exonérées.
- Rien n'est automatique : déclarez ces heures dans la bonne case aux impôts, et votre net imposable à l'URSSAF.
