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Taux CHF/EUR : le franc suisse va-t-il baisser face à l'euro ?

Ivan Sanvito24 août 20266 min de lecture

Le franc recule face à l'euro depuis son pic de mars. Faut-il changer ses francs maintenant ? L'analyse d'Ivan Sanvito, expert des changes chez Changenligne.

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Le rendez-vous mensuel qui intéresse les frontaliers

Pour un frontalier, le taux de conversion entre le franc suisse et l'euro est l'une des variables les plus concrètes du budget mensuel. C'est ce qui détermine combien d'euros arrivent réellement sur le compte à chaque salaire converti.

Chaque mois, j'anime pour Changenligne le Currency Watch, un rendez-vous consacré à cette paire CHF/EUR. À l'approche de l'été, une question revient sans cesse chez les frontaliers : est-ce le bon moment pour changer ses francs en euros ? Voici les points clés de mon analyse, entre géopolitique, banques centrales et lecture des graphiques.

Pourquoi le franc lâche du lest : la fin d'une prime de peur

Le franc suisse est historiquement une valeur refuge. Quand le contexte géopolitique se tend, comme lors des épisodes de tension au Moyen-Orient, les investisseurs se replient sur le franc pour protéger leurs capitaux, ce qui fait mécaniquement monter sa valeur.

Or, ces dernières semaines, les marchés ont commencé à anticiper un apaisement. Cette baisse de l'incertitude a poussé les investisseurs à réduire leur exposition au franc : la prime de peur se dégonfle, et c'est ce qui amorce le repli auquel on assiste. Le franc ne s'affaiblit pas parce que la Suisse va moins bien, mais parce que le monde va, momentanément, un peu mieux.

BNS contre BCE : l'écart de taux joue contre le franc

Deuxième force à l'œuvre, et sans doute la plus durable : l'écart de taux d'intérêt entre les deux banques centrales, qui avancent en sens inverse.

La Banque nationale suisse (BNS) a maintenu son taux directeur à 0 %, un niveau confirmé à sa réunion de juin 2026. La Banque centrale européenne (BCE), elle, conserve des taux nettement plus élevés. Ce différentiel change tout pour les capitaux : un actif rémunéré à 0 % attire moins qu'un actif mieux payé en euros. Cette logique de portage déplace les flux vers l'euro et pèse, par ricochet, sur le franc.

Ce que disent les graphiques et les grandes banques

L'analyse statistique présentée pendant le webinaire a d'abord validé la fiabilité des modèles : le pic attendu à la mi-mai s'est bien produit, avant de laisser place au repli actuel.

Premier enseignement, le seuil de 1,08 tient. Après le pic de mars, ce niveau s'est imposé comme un plancher solide : le cours n'est pas redescendu vers les bas niveaux de 1,06.

Graphique du taux CHF/EUR de janvier à juillet 2026 : après le pic de mars, le cours se stabilise autour d'une ligne de support tracée à 1,08.
Après le pic de mars, le seuil de 1,08 fait office de plancher (source : Forecaster.biz).

Second enseignement, les prévisions penchent pour un franc plus faible. De grandes banques comme Citi, Bank of America et UBS estiment que l'euro devrait continuer de se renforcer face au franc dans les prochains mois, de l'ordre de deux points de pourcentage. Selon ces projections, le cours pourrait retester son ancien support de 1,06.

Projection du taux CHF/EUR sur trois mois montrant un scénario de retour vers 1,06, avec une probabilité de baisse de 62 %.
Le scénario pessimiste pour le franc : un retour vers l'ancien support de 1,06 (source : Forecaster.biz).

J'ai enfin projeté les données de Forecaster, un logiciel qui compare les mouvements des trois derniers mois avec l'historique de la devise. Résultat convergent : la statistique confirme la probabilité d'une baisse du franc d'environ 2 % à court et moyen terme.

Changer maintenant ou attendre : deux réponses selon votre horizon

De cette analyse découle une stratégie qui dépend entièrement de vos besoins. Il n'y a pas de bonne réponse unique, seulement la vôtre.

Pour des dépenses proches (charges, vacances). Si vous devez convertir des francs pour vos dépenses courantes ou vos voyages d'été, l'analyse invite à ne pas trop attendre. Repousser la conversion vous exposerait à obtenir moins d'euros, si la baisse du franc anticipée par les banques se confirme.

Pour de l'épargne sans échéance. Si vous n'avez pas besoin de convertir tout de suite, la perspective de long terme reste intacte. Sur vingt ans, le franc s'est apprécié de près de 69 % face à l'euro. Sa tendance structurelle à la hausse n'est pas remise en cause par un repli de quelques semaines.

Graphique du taux CHF/EUR de 2007 à 2026 montrant la hausse continue du franc, soit environ 69 % sur vingt ans.
Sur vingt ans, le franc s'est apprécié de près de 69 % face à l'euro (source : Forecaster.biz).

Autrement dit, le court terme et le long terme ne racontent pas la même histoire : le premier invite à convertir ce dont vous avez besoin sans attendre, le second à ne pas brader une épargne que le temps a plutôt tendance à valoriser. Reste, dans les deux cas, à convertir au meilleur taux : c'est tout l'enjeu du choix d'une plateforme de change plutôt que du guichet d'une banque.

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Les offres signalées pendant le webinaire

Pour ceux qui décident de convertir maintenant, plusieurs opportunités étaient rappelées sur la plateforme Changenligne pour réduire les frais :

  • Bonus premier change : 25 € offerts pour un premier change d'au moins 3 000 francs, via le lien dédié.
  • Parrainage : un lien personnel à partager avec d'autres frontaliers ; 25 € pour vous et pour le filleul dès son premier change.
  • Programme ambassadeur : des cartes de visite avec votre QR code personnel pour inviter d'autres frontaliers.
  • Bonus entreprises : 500 francs de prime pour la mise en relation d'une entreprise qui optimise ses changes commerciaux (import-export France-Suisse, par exemple).

Bon à savoir

Analyse d'un intervenant, pas un conseil personnalisé

Ivan Sanvito anime le Currency Watch de Changenligne, partenaire commercial de Web Frontalier. Cette analyse reflète son point de vue ; elle ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation de changer à un moment donné. Les prévisions de change sont incertaines par nature et les performances passées ne préjugent pas des évolutions futures. À vous d'apprécier votre situation, au besoin avec un professionnel.

À retenir

  • Le franc recule face à l'euro parce que les tensions géopolitiques s'apaisent et que la BNS reste à 0 % quand la BCE tient des taux plus élevés.
  • Le seuil de 1,08 sert de plancher ; Citi, Bank of America et UBS anticipent un franc plus faible, avec un possible retour vers 1,06.
  • Pour des dépenses proches, l'analyse invite à convertir sans trop attendre ; pour de l'épargne, le franc garde une tendance longue à la hausse (près de 69 % sur 20 ans).
  • Dans tous les cas, le taux obtenu dépend de l'outil de conversion choisi, bien plus que du jour exact du change.

Questions fréquentes

Le franc suisse va-t-il baisser face à l'euro en 2026 ?

Les modèles présentés lors du Currency Watch anticipent un repli du franc de l'ordre de 2 % à court et moyen terme, avec un possible retour vers 1,06. Ce sont des probabilités statistiques, pas une certitude : un change reste soumis à l'imprévu géopolitique.

Est-ce le bon moment pour changer ses francs en euros ?

Cela dépend de votre horizon. Pour des dépenses proches (charges, vacances), l'analyse invite à ne pas trop attendre, la baisse du franc étant anticipée. Pour de l'épargne sans échéance, le franc conserve une tendance longue à la hausse, ce qui peut justifier de patienter.

Pourquoi le franc recule-t-il alors qu'il est une valeur refuge ?

Précisément parce que les tensions géopolitiques s'apaisent. Quand l'incertitude baisse, les investisseurs réduisent leur exposition au franc, qu'ils achètent en période de crise. S'y ajoute l'écart de taux d'intérêt avec la zone euro, défavorable au franc.

Sur le long terme, le franc suisse reste-t-il solide ?

Oui. Sur les vingt dernières années, le franc s'est apprécié de près de 69 % face à l'euro. Cette tendance structurelle à la hausse reste intacte, indépendamment des reculs temporaires comme celui observé cet été.

Sources

  • Currency Watch, webinaire mensuel de Changenligne animé par Ivan Sanvito : analyse de la paire CHF/EUR.
  • Banque nationale suisse : taux directeur maintenu à 0 % en juin 2026.
  • Banque centrale européenne : niveau des taux directeurs de la zone euro.
  • Forecaster.biz : graphiques et projections statistiques de la paire CHF/EUR présentés lors du webinaire.

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