Du brut au vrai disponible : après les cotisations viennent l'assurance-maladie, la mutuelle, l'impôt selon votre canton et l'épargne retraite. Le calcul complet.
L'essentiel
- Votre net de salaire n'est pas votre budget réel : il faut encore en retrancher l'assurance-maladie, la complémentaire santé et l'impôt.
- L'assurance-maladie (environ 200 CHF par mois et par adulte en LAMal, ou une cotisation sur le revenu en CMU) et la mutuelle (de l'ordre de 35 à 75 € selon l'âge) sont à votre charge, hors fiche de paie.
- L'impôt est le grand variable : selon votre canton, il est prélevé à la source en Suisse ou réglé en France. Il se calcule, il ne se devine pas.
- Bonne habitude : mettre de côté environ 5 % de vos revenus pour votre retraite complémentaire (3e pilier ou PER). Le simulateur assemble tout cela.
Du net de salaire à votre budget réel
La fiche sur les cotisations sur salaire s'arrête à votre net de salaire : le brut, moins les cotisations sociales. C'est déjà une information utile, mais ce n'est pas ce que vous pourrez dépenser. Un frontalier porte en effet des charges que la fiche de paie suisse n'affiche pas, et qui font toute la différence entre le net affiché et le « salaire final » réellement disponible.
Reprenons notre frontalier de 35 ans à 7 500 CHF de brut. Voici son décompte, une fois ajoutés l'assurance-maladie et la complémentaire santé :
Fiche de salaire
Frontalier de 35 ans, canton de Vaud, LAMal
Déductions salariales
Montants indicatifs en CHF (la complémentaire, souvent réglée en euros, est ici convertie). Restent à intégrer l'impôt, selon votre canton, et l'épargne retraite conseillée d'environ 5 %.
Et ce « reste avant impôt » n'est pas encore le mot de la fin : il faut lui retrancher l'impôt et, idéalement, ce que vous réservez pour votre retraite. Reprenons chaque poste.
L'assurance-maladie et la complémentaire santé
Ce sont les deux charges que les nouveaux frontaliers oublient le plus souvent, parce qu'elles ne figurent pas sur le bulletin de paie.
L'assurance-maladie. Selon votre droit d'option, vous payez soit la LAMal suisse (une prime fixe, de l'ordre de 200 CHF par mois et par adulte), soit la CMU française (une cotisation calculée sur votre revenu). Le choix se prépare : c'est le sujet de la fiche Faire le choix entre CMU et LAMal.
La complémentaire santé. Comme en France, l'assurance de base ne rembourse pas tout : une mutuelle vient couvrir le dentaire, l'optique et l'hospitalisation. Comptez de l'ordre de 35 à 75 € par mois et par adulte selon l'âge. Vous pouvez estimer la vôtre avec le simulateur mutuelle santé.
L'impôt : le grand variable, selon votre canton
Impossible de donner un « salaire final » universel, parce que l'impôt dépend entièrement de votre canton d'emploi et de votre situation familiale. Deux cas :
Vous êtes imposé à la source en Suisse (Genève notamment). L'impôt est prélevé directement sur votre paie. Pour l'estimer, utilisez le simulateur impôt à la source à Genève.
Vous relevez d'un canton de l'accord de 1983 (Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura, Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne). Vous n'êtes pas imposé à la source : vous réglez votre impôt en France. Chiffrez-le avec le simulateur impôt en France.
Dans les deux cas, un principe : on calcule son impôt, on ne le devine pas. C'est souvent le poste qui fait basculer un budget que l'on croyait confortable.
Prévoir votre retraite : environ 5 %
Votre salaire final, ce n'est pas seulement ce qui reste : c'est aussi ce que vous choisissez de préparer. Une règle simple consiste à réserver environ 5 % de vos revenus pour une retraite complémentaire, en plus de l'AVS et du 2e pilier obligatoires. Le véhicule dépend de votre fiscalité : un 3e pilier si vous êtes imposé en Suisse, un PER si vous êtes imposé en France. Dans les deux cas, les versements réduisent en général votre revenu imposable, ce qui adoucit leur coût réel. Le sujet est développé dans le thème Retraite.
Ordres de grandeur 2026
- Cotisations sociales : de l'ordre de 12 à 15 % du brut, selon l'âge
- Assurance-maladie LAMal : environ 200 CHF par mois et par adulte (ou une cotisation sur le revenu en CMU)
- Complémentaire santé : environ 35 à 75 € par mois selon l'âge
- Impôt : variable selon le canton (à la source en Suisse ou réglé en France)
- Épargne retraite conseillée : environ 5 % des revenus
Les pièges
- Prendre le net de salaire pour son budget disponible. C'est l'erreur qui déséquilibre le plus de budgets frontaliers : le vrai reste à vivre est nettement plus bas.
- Oublier l'assurance-maladie et la mutuelle. Elles ne sont pas sur la paie, mais elles se paient bien chaque mois, pour tout le foyer.
- Deviner son impôt. Il varie fortement selon le canton, les revenus et la situation familiale : seul le calcul évite la mauvaise surprise.
- Repousser la retraite complémentaire. Chaque année sans épargne est une année de capitalisation et de déduction perdue.
Votre salaire final, tout compris
Le simulateur part de votre brut, applique vos cotisations, votre assurance-maladie, votre mutuelle et votre épargne, et convertit en euros.
Comprendre en détail
Le passage du franc à l'euro
Vous gagnez en francs, vous vivez en euros : le taux de change s'invite dans votre salaire final. Un franc fort gonfle votre pouvoir d'achat, un franc plus faible le réduit, et les frais de conversion grignotent chaque rapatriement. C'est un paramètre à part entière de votre budget, traité dans le thème Banque et change.
Pourquoi l'impôt change tout
Entre un frontalier imposé à la source à Genève et un frontalier imposé en France, à salaire égal, le net final peut différer sensiblement : les barèmes, les déductions et les règles familiales n'ont rien à voir. C'est pourquoi nous renvoyons vers deux simulateurs distincts plutôt que vers un chiffre unique qui serait faux pour la moitié des lecteurs.
Salaire final n'est pas reste à vivre
Le salaire final tel que nous le calculons intègre une épargne retraite : ce n'est donc pas votre « reste à vivre » brut, mais un budget déjà tourné vers l'avenir. C'est un choix de méthode : mieux vaut intégrer l'effort d'épargne dès le départ que le découvrir en creux à la fin du mois.
Questions fréquentes
Mon net de salaire est-il ce que je peux dépenser chaque mois ?
Non. De ce net, il reste à retrancher votre assurance-maladie (LAMal ou CMU), votre complémentaire santé et votre impôt, et il est conseillé de mettre de côté pour votre retraite. Votre budget réel est sensiblement inférieur à votre net de salaire.
Où est-ce que je paie mes impôts, en France ou en Suisse ?
Cela dépend de votre canton d'emploi. Dans certains (Genève notamment), l'impôt est prélevé à la source en Suisse. Dans les cantons de l'accord de 1983, vous n'êtes pas imposé à la source : vous réglez votre impôt en France.
Combien faut-il mettre de côté pour la retraite ?
Une règle simple consiste à réserver environ 5 % de vos revenus pour une retraite complémentaire, via un 3e pilier si vous êtes imposé en Suisse ou un PER si vous êtes imposé en France. Les versements sont en général déductibles de votre revenu imposable.
Votre checklist
- Partir de votre net de salaire (fiche cotisations ou simulateur)
- Retrancher votre assurance-maladie, LAMal ou CMU selon votre choix
- Ajouter une complémentaire santé adaptée à votre régime
- Identifier votre canton pour savoir où l'impôt se paie, puis le calculer
- Réserver environ 5 % de vos revenus pour votre retraite complémentaire
- Passer le tout au simulateur pour obtenir votre salaire final réel
